





Pause fatale
Les néons bourdonnaient paresseusement au plafond.
Dans le calme artificiel du vestiaire sanitaire, Sarah Trooper avait trouvé ce qu’elle pensait être un
havre temporaire. Un moment de répit dans la longue ronde. Elle avait du assurée deux services, et
ce deuxième était loin d'être fini.
Assise sur la cuvette des toilettes, jambes croisées dans un cuir noir brillant parfaitement ajusté, elle
consultait son téléphone avec un calme presque trop détendu pour une garde en service. Le casque
tactique encore vissé sur sa tête, les lunettes thermiques repliées au-dessus du front, elle n’avait
même pas retiré ses gants. Tout son corps respirait la confiance… ou la lassitude.
Sa silhouette gainée de cuir formait un contraste saisissant avec l’environnement terne du carrelage.
Elle pensait être seule. Un rapide coup d'œil sur son téléphone pour consulter ses messages : rien à
signaler. R.A.S.
Une simple pause. Un petit moment volé. Personne ne viendrait la déranger.
Du moins, le pensait-elle.
Un sifflement discret.
À peine perceptible.
Sarah n'eut pas le temps de lever la tête. Un dard silencieux s'était planté dans son cou. La surprise
laissa place à une étrange torpeur. Elle porta la main à son cou... mais le poison faisait déjà effet. Le
téléphone glissa de ses doigts. Sa tête s’inclina lentement. Un soupir. Puis le noir... complet.
Quelques instant plus tard, une silhouette surgit doucement dans l'encadrement de la cabine.
Pirotess. L'agent de « La Division », un blonde avec une queue de cheval, en combinaison noire
d'infiltration, elle observa Sarah affaissé, vérifia son pouls d’un geste précis. R.A.S. Là aussi, le
poison avait été d'une efficacité fulgurante. Le téléphone au sol, la posture assoupie de la cible…
tout était parfait.
La suite se fit avec calme et méthode. La combinaison tactique, les bottes, le casque… chaque pièce
fut retirée avec soin du corps sans vie de Sarah. Et bientôt, dans la cabine étroite, Pirotess s’habillait
lentement, ajustant les derniers éléments de l’uniforme ennemi. Derrière elle, la garde semblait
toujours endormie, en tenue légère, la supercherie marcherait le temps pour Pirotess de récupérer le
dossier et de s'éclipser.
Quelques instants plus tard, la porte des toilettes s’ouvrit.
Un petit panneau “Hors service” avait été accroché sur la porte des toilettes mixtes.
Pirotess, désormais méconnaissable sous son nouveau déguisement, quittait lieux d’un pas assuré,
lunettes tactiques abaissées.
Mission infiltrée : enclenchée
FIN